la tête dans les nuages

Une page se tourne.

Jeudi, j'ai fini mon dernier cours.
Mardi, je commence mon stage.
Ma vie scolaire bat son plein. 

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Soirée solo.

Ce soir, c'est chacun pour soi. Vi. avec l'un de ses potes, et moi j'ai rendez-vous devant la télé pour les trois derniers épisodes de Medium.
 
Parfois, ça fait du bien :) 

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En coup de vent.

Nos vies toujours en vrac, même si amoureusement ça va mieux (il était temps) - STOP - La tête a fond dans le boulot, pour lui comme pour moi - STOP -

 

Ah oui, et notre Freebox a rendu l'âme, d'où mon absence virtuelle.

Moi qui m'attendais à dépérir sans, finalement je vis très bien avec cette absence (je suis presque déçue de me rendre compte que finalement je ne suis pas une nolife). Et puis vous êtes des amours, vous n'avez pas trop écrit alors j'ai pas trop de retard pour le moment ;) (enfin quoique les zhérissons se sont lâchés, d'habitude y'a un article par mois bouh !).

 

 

Je me sens actuellement pleine de vide, désespérement seule et pourtant si entourée. C'est très étrange.

Voila pour le flash info de la soirée. 

  

 

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Je suis hypocondriaque...Mais je me soigne !

Une nouvelle fois, je poste cet article qui date de mon premier blog sur Mabulle. Parce qu'il me tient vraiment à coeur, et que c'est vraiment celui parle le plus de moi et pour moi ici.

Vous avez dit hypocondriaque ?

 

Ou autrement bien nommé Malade imaginaire, dont le plus bel exemple nous a été offert par Molière dans sa pièce éponyme.

Car s'il y a bien un endroit, un seul dont souffre l'hypocondriaque, c'est de la tête !

Et n'allez pas y chercher une tumeur bénigne ou maligne, tout est d'ordre psychologique.

C'est d'ailleurs bien là le noeud du problème : l'hypocondriaque s'invente des maladies et des symptômes, et dans les cas les plus graves il ressent même les symptômes exacts de ladite maladie.

 

Au programme :

* lundi : cancer généralisé de l'orteil du pied droit
* mardi : méningite aiguë
* mercredi : combo tétanos et SIDA
* jeudi : chikungun...quoi ?
* vendredi : repos
* samedi : retour du cancer, qui a atteint le pied gauche désormais
* dimanche : appendicite suivie fatalement d'une péritonite

Je caricature ? A peine.

Dans mon cas, j'ai commencé à être hypocondriaque sans savoir au début comment s'appelait cette pathologie.
En 1996, j'ai perdu mon grand oncle, qui est décédé brutalement d'un infarctus. La même année, j'ai été vaccinée contre l'hépatite B, et j'ai très mal réagi au vaccin.
Entre la douleur d'avoir perdu une personne que j'aimais beaucoup, et la douleur physique liée à la vaccination, je pense que là s'est produit le déclic.

J'ai commencé à me sentir mal dès que j'étais hors de chez moi. Tout me paraissait malsain, sale, pathogène. Dès que j'avais un peu mal quelque part, je m'inquiètais énormément.
Quant à savoir exactement quand est ce que j'ai basculé totalement, je l'ignore.

Le problème dans beaucoup de pathologies psychologiques, c'est que leur développement est insidieux. On ne se rend pas compte de la place que prend de plus en plus la "maladie" en soi. Ni dans son quotidien.

Et c'est comme cela que jusqu'en 2006 j'ai construit (en partie) ma vie.

Entre cancers imaginés, douleurs vraiment ressenties à force d'imagination.

Vous n'allez peut être pas me croire, mais j'ai eu une dizaine de fois l'appendicite, et au moins le double de fois le tétanos, sans compter la méningite que j'ai contracté chaque hiver à chaque déclaration d'épidémie aux informations.

Dans ma tête bien sûr.

Mais chaque douleur, chaque chose qui ne semble pas normal dans le cycle du corps devient une fatalité, l'annonce d'une mort imminente et douloureuse (si possible, sinon y'a aucun intérêt à être hypocondriaque).

Je ne calcule pas le nombre de minutes que j'ai gaspillée dans ma salle de bains à me laver les mains à la moindre occasion pour enlever germe et saleté ambiante source de maladie.
Ni le nombre d'heures que j'ai passé dans les bouquins médicaux ou sur Internet à la recherche des symptômes dont je pouvais souffrir (une difficulté à respirer ? Mal de ventre ? Vite Internet, que je sache de quoi je vais mourir !).

Le côté positif de la chose, c'est que je suis devenue incollable sur nombre de maladies, leurs symptômes, comment les soigner, d'ailleurs je devance souvent mon père désormais (il est médecin généraliste môssieur).

Mais attention, tous les hypocondriaques ne se ressemblent pas ! Pour ma part, je développais des symptômes de façon somatique, c'est à dire que je ressentais des choses qui n'existaient pas. Mais parfois, j'avais vraiment mal pour une raison X ou Y, et je m'inquiètais de mon état de santé. D'autres hypocondriaques iront consulter moult médecins pour avoir cent avis différents, mais qu'aucun ne satisferont, et d'autres seront des pharmacies ambulantes.

Moi, je pense que j'ai surtout été dopée par la peur. Plus j'avais peur, plus j'étais hypocondriaque, plus j'étais hypocondriaque plus je me sentais vivante (puisque je ressentais mon corps).
Je ne suis jamais allée voir un médecin, mais je sollicitais souvent mon père, ma mère et je suis devenue source de moquerie et d'agacement pour mon entourage familial.

J'ai fonctionné comme cela, par crises pendant presque dix ans. Parfois j'allais mieux et physiquement et moralement, et quand j'allais trop bien cela m'inquiétait.

Et parfois certains événéments me rendais à ce point anxieuse (sans que je me rende compte, c'est maintenant avec le recul que je peux porter un regard lucide sur ce qui s'est passé) que je retombais pendant plusieurs semaines, voire mois dans la spirale de l'hypochondrie.

L'on pourrait rire des rituels rassurants qu'un hypondriaque adopte. Ou en pleurer car on se rend compte de l'impuissance que l'on a à en sortir, et de leur ridicule.
Comme lorsque je contournais lentement le rosier qui se trouvait à l'entrée de chez mon ex. Ou comme lorsque je retenais ma respiration dans la rue à chaque fois que je croisais un de ces délicieux mollards que certaines personnes laissent délicatement après leur passage. Ou encore comme lorsque dans les lieux publics je tirais au maximum sur mes manches avant de toucher une poignée de porte ou par la pousser du bout des doigts camouflés par la manche, afin de ne pas être contaminée (sait on jamais, que moi aussi j'ai une plaie microscopique et que je chope le SIDA au contact de cette poignée de porte si quelqu'un y avait déjà laissé du sang). Dans des rues pas particulièrement propre, je marchais parfois très éloignée des murs pour ne pas les toucher et être contaminée, ou blessée.
Des éclats de verre ou autre par terre ? On contourne grandement pour pas être blessée. Car là où n'importe qui verrait juste le facteur : danger risque de coupure, l'hypocondriaque que j'étais ajoutait à ce "danger risque de blessure" un "risque d'infection, de contamination" si tant est que l'objet en question était une cannette un peu rouillée, ou un méli mélo de choses par terre.

J'en passe, et certainement des meilleurs, j'ai un peu oublié tous les rituels que j'ai adopté puis abandonnés depuis ce temps. Certains me sont restés, par exemple je lave toujours mes mains 150 fois par jour, quand je touche quelque chose qui me semble sale, notamment.

Je ne suis pas non plus totalement guérie, puisqu'il m'arrive encore parfois de m'inquièter lorsque je découvre une griffure sur ma main, dont j'ignore depuis quand je l'ai, comment je l'ai faite, avec quoi (un morceau de métal rouillé ? une seringue ?). D'ailleurs il y a quelques mois je me suis réveillée en pleine nuit car j'avais l'impression de ne plus pouvoir respirer et j'avais mal aux poumons. S'en sont ensuivis un Vi.réveillé par la même occasion, et inquiété, et pour ma part des sueurs froides au sens premier du terme, des vertiges et des nausées consécutives à la peur que j'avais éprouvée d'être malade.

En fait, trois choses ont certainement contribuées à ce que je guérisse. Tout d'abord, le ras le bol de ma famille. Car un peu comme Pierre qui criait au loup constamment alors que loup il n'y avait point, on finit par ne plus croire l'hypocondriaque. Il s'en sent d'autant plus seul qu'il a foncièrement besoin d'être écouté, rassuré et aimé, finalement.

Par la suite, j'ai fais une pyélonéphrite en 2005, qui n'a pas été suffisament violente pour m'emmener à l'hôpital mais suffisante pour me bloquer chez moi pendant un mois. Deux choses se sont produites. La première est que malgré 40°C de fièvre et le fait de ramper par terre en me tenant le ventre et le dos tellement j'avais mal, ma famille ne m'a pas crue. Souvenez-vous je disais quelques lignes plus haut que j'avais déjà fait plusieurs cancers et autres appendicites. Alors un mal de plus...Comment aurait-elle pu légitimement me croire ? Mais finalement, ma famille m'a crue, de toute façon elle avait pas le choix, j'étais à moitié mourante sur le carrelage de la cuisine et j'avais tellement mal que je m'étais pas rendue compte mais les larmes coulaient toutes seules sur mes joues.
Et là je me suis apercue que le fait qu'on ne me croit pas, était la juste conséquence de mes actes. Il fallait donc changer. Et se taire. Et se sentir un peu plus seule, mais cela m'a appris à prendre sur moi mon propre mal être.
La deuxième chose que m'a révélée cette pyélonéphrite, c'est qu'en fait plus que la maladie elle-même, ce que redoute le plus l'hypocondriaque, c'est la peur de tomber malade. Car du moment où j'ai été malade, je n'avais plus peur. Cela parait contradictoire, pourtant c'est bel et bien ce que j'ai vécu, et je suis de ce fait "contente" de ce mal qui me fut nécessaire pour avancer ;) Et quand je parle de tomber malade, je parle pas du rhume qu'on se chope chaque année, je parle de l'inconnu, la maladie qu'on a jamais endurée encore.

Enfin, l'année dernière au mois d'avril, je subissais ma première rupture, qui n'était pas d'anévrisme, mais bel et bien sentimentale. Et je pense que j'ai été tellement mal par rapport à cela en perdant mon ex, que les diverses maladies pouvaient bien attendre que je me remette avant de m'assaillir.

Et voila où j'en suis après dix ans de brouillard mental: un mieux, voire un beaucoup mieux. Et ce qui m'interpelle le plus c'est que pour autant, je reste quelqu'un de profondément anxieux, comme n'importe quel hypocondriaque qui se respecte !

 

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Ajout du 13 mars 2008 : Je ne suis pas encore guérie. Cela me reprend parfois encore, et je garde toujours certains rituels dans ma vie par rapport à mon côté hypocondriaque. Pas plus tard qu'il y a deux semaines, j'ai commencé à prendre peur pensant avoir l'appendicite. 

Mais le pire là dedans, c'est ma phobie des microbes. Je me rends compte que je recommence à éviter de toucher les objets en lieu public et même chez moi quand je touche certaines choses (pourtant propres, mais anxiogènes par la fonction qu'elles occupent) je me sens "sale" "malade". Je recommence à me scruter dans la glace sous toutes les coutures, à la recherche de la moindre griffure ou autre.

Je me rends compte que j'ai perdu aussi certaines habitudes, que je les avais même oubliées complètement. Je m'en suis souvenue il y a peu, et je me suis rendue compte que mes efforts n'ont pas été vains, même si la "maladie" est encore là dans ma tête.

 

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Il a fini ma tasse de lait chocolaté.

Et on s'est réconciliés comme cela. Même qu'il a tout bu alors que j'étais parti dans l'idée de ne lui en laisser que deux ou trois gorgées.
 
Ca me rappelle la fois où j'avais oublié mon gel douche chez lui la première fois où j'étais venue (et on sortait même pas ensemble encore !), et il l'avait fini.
 
Mon copain il est comme ça ! Et le pire là dedans, c'est que je peux même pas dire qu'il ne pense qu'à lui dans ces moments là...
 
 

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