la tête dans les nuages

Ca mérite même pas un titre.

Entre le moment où j'ai perdu Internet et celui où j'ai perdu ma grand-tante j'ai eu pas mal d'articles en tête : des rigolos, des un peu coup de gueule, des instructifs, mais toujours des articles personnels.
 
Et puis finalement j'arrive pas à écrire.
Je me sens mal dans ma peau, mal dans mon couple, ennuyée dans mon stage.
 
Je reviendrai quand je me sentirai mieux. 

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C'est pourtant pas une blague.

Ma grande-tante est morte aujourd'hui.

A midi, c'était fini, le cancer l'a emportée.

 

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Classique.

C'était là.

Coincé entre mes dents de devant.

Et depuis midi je me le trimballais.

Ce foutu morceau de je ne sais pas quoi.

Et ni Vi. ni mon collègue stagiaire ne m'ont fait la remarque.

De deux choses l'une : soit ils sont très cruels, soit très diplomates.

Je les maudis. 

 

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La solitude du buveur de sang, Annette Kurtis Klaus.

Dans un-de-ces-questionnaires-bidons-qu'on-trouve-partout-sur-les-blogs-mais-auxquels-j'aime-bien-répondre-quand-même, je vous avouais :

  1. Que j'avais volé une fois dans ma vie, un bouquin en 1996 (ou 1998, mais peut importe, y'a prescription ah ah) dans une bibliothèque d'un club de vacances.
  1. Que ce livre était un de ceux qui m'avaient le plus marqué dans ma vie.
Ce soir je vous avouerai qu'en fait il n'est pas un de ceux, mais celui qui m'a le PLUS marqué dans ma vie. Je l'ai relu récemment (et rien que le fait de relire un bouquin, c'est déjà beaucoup pour moi, parce qu'autant j'adore lire, autant j'ai du mal à relire un livre, ça ne m'est arrivé que trois ou quatre fois, dont la dernière c'était pour L'échiquier du mal de Dan Simmons (purée quand je pense que j'ai lu ça adolescente, et que maintenant cela me semble rébarbatif un tel pavé, l'âge n'est pas synonyme de sagesse chez moi mais d'une flemme plus grande)
 
La solitude du buveur de sang est un roman pour adolescents. J'ai 22 ans, je l'ai lu la première fois il y a  un peu plus de dix ans (en fait je l'ai volé la deuxième fois où je suis allée dans ce club, c'était donc bien en 1998, élémentaire mon cher Watson !).  Si vous vous souvenez de l'article où je parle de mon hypocondrie, eh bien vous avez là un autre élément élémentaire (redondance que je t'aime !). J'ai découvert ce livre à mon tout début d'hypocondrie. C'était durant les vacances de Pâques, cela faisait deux mois que je m'étais faite vacciner contre l'hépatite B, et presque autant que mon grand-oncle avait été mis en terre. 
Ces vacances m'ont "sauvée". J'avais perdu beaucoup de poids, avait perdu le goût a beaucoup de choses (du peu de choses qui m'intéressait à l'époque), j'avais peur de tout.
 
Ce livre a été un refuge. Il parlait de la maladie, de la mort. Il parlait aussi de l'amour, de la vie.
Ce livre parlait de Zoé, jeune fille de seize ans, dont la mère était en phase terminale d'un cancer. Entourée de solitude Zoé souffre, ne mange plus, ne dort plus, regrette son père qui passe plus de temps à l'hôpital qu'à s'occuper d'elle.
Simon quant à lui est un vampire. Il arrive dans la ville où vit Chloé car il est en chasse. Il recherche son frère depuis presque 300 ans, afin de l'éliminer.
 
Et un soir, Zoé rencontre Simon, par hasard ou parce que c'était écrit.
La solitude du buveur de sang est un roman fantastique (après tout il y est question de vampire) et qui se la joue faussement épouvante (ou alors très mal bien qu'à l'époque j'avais été impressionnée). L'intérêt n'est pas l'histoire de vampire en elle-même, mais tout le questionnement autour de la vie, de la mort, de la maladie, de la rédemption. Bien sûr il y a l'histoire d'amour, qui entre parfaitement dans mes clichés romantico-morbides. 
 
Mais pour un roman destiné à un public d'adolescent je trouve que ce livre sort des sentiers battus. Il émane de l'écriture d'Annette Kurtis Klause un je-ne-sais-quoi qui m'a envoûtée en 96 et qui agit encore de la sorte maintenant. Il n'y a rien de recherché, rien de prétentieux, il y a même quelques répétitions en toute fin de roman qui le rende un peu "lourd", mais pourtant...J'adore. C'est touchant et même plus que cela : ce bouquin fait vraiment résonner une corde sensible au fond de moi (ce matin j'ai encore à moitié pleuré en lisant la fin, d'ailleurs j'ai grapillée les dernières pages pour arriver plus vite à cette fin que j'aime tant). Je sais que l'avoir découvert lorsque j'ai commencé à aller mal dans mon rapport avec mon corps et la peur de la maladie joue dans l'affect que j'ai développé autour de ce livre. 
 
Après tout ce que j'ai vécu avec ce livre, je peux dire en quelque sorte que ce roman est mon roman, que c'est comme si je me l'étais approprié. 
Je le ferai lire à Vi. car cela me tient plus qu'à coeur, cela me tient à l'âme...Et pourtant si vous le lisiez, vous, vous le trouverez peut être très gnian-gnian ou merdique à souhait. 
  
 
 

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La secte des égoistes, Eric-Emmanuel Schmitt.

Ayant adoré La part de l'autre, j'ai demandé à mes parents de m'offrir pour Noël d'autres oeuvres de Sieur Schmitt (pas les cuisines, pitié).
 
Résumé (de l'éditeur) :
 

A la bibliothèque nationale, un chercheur découvre la trace d’un inconnu, Gaspard Languenhaert, homme du XVIIIème siècle, qui soutint la philosophie "égoïste". Selon lui, le monde extérieur n’a aucune réalité et la vie n’est qu’un songe. Intrigué, le chercheur part à la découverte d’éventuels documents. Mystérieusement, toutes les pistes tournent cour.

Conspiration ? Malédiction ?

La logique devient folle, cette enquête l’emmène au fond de lui-même, emportant le lecteur avec lui dans des vertiges hallucinants.

Mon avis :

Je dois avouer que si je me suis passionnée pour La part de l'autre (qui brosse le portrait imaginé et celui plus réel de Hitler), j'ai été plutôt sceptique au sortir de La secte des égoistes. Je ne pense pas que le problème vienne de l'écriture (même si c'était 'achement moins possédant que la plume qu'on peut trouver dans l'autre bouquin cité, mais je pense que ça vient du fait qu'Eric-Emmanuel Schmitt en était à ses débuts si j'ai tout compris), mais plutôt du cheminement et du sujet même de l'histoire...Qui ne m'ont pas vraiment intéressée, et je dois même dire que la fin je l'ai trouvée très scolaire (typiquement le genre de fin dont on nous dit que c'est pas bien et même très mal de faire quand on est au collège). 

Un peu déçue, en somme...Vi. quant à lui à beaucoup aimé, et cela l'interroge. Car oui, ce bouquin est matière à réflexion (et je pense que c'est un peu le but du jeu avec Eric-Emmanuel Schmitt et en cela je le trouve très bon), mais pour ma part je n'y ai pas trouvé d'intérêt à le faire, le sujet ne m'ayant pas interpelée.

De ce que j'en ai lu de part et d'autre, il s'agirait ni plus ni moins  d'une réflexion comme cela qu'aurait mené Descartes en son temps, à propos de la question de savoir si la vie était réelle ou si elle n'était pas plutôt un rêve.

Etudiant(e)s en philosophie (ou silosophique, hein Elise ? ;) ) vous êtes les bienvenu(e)s pour éclairer ma sombre lanterne.

 

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